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Nice-Matin
Actualité Menton
mercredi 01 octobre 2008

menton : Une heure de cours et de plaisir... Mama mia !

 Clémence Verlsuys fait participer ses élèves. Au final ? Un cours dynamique. Riche et vivant.  :  Alban Hillion Clémence Verlsuys fait participer ses élèves. Au final ? Un cours dynamique. Riche et vivant. : Alban Hillion

11 heures : coup de corne de brume. De quoi réveiller un mort. « Pourtant, plaisante Hervé Beauvais le proviseur du Lycée Pierre et Marie Curie, certains ne l'entendent même pas ».

Sourds, mal réveillés nos ados ? En tout cas, pas tous. Les élèves de la seconde 3 qui ont choisi la DNL (discipline non linguistique) sont à l'heure pour leur cours. Disciplinés.

Enfin presque.

- « Arrête de faire des guilis à ta copine ! »

- « Oui, surtout qu'il y a des lits pour ça madame »

C'est le fou rire général.

Et puis un ange passe.

Tout le monde s'assoit, Clémence Verlsuys sourit à ses élèves et prend sa classe en main. En douceur. Avec une pointe de fermeté dans le regard.

Et ça marche.

Alors, elle se met à parler de Dante, et de sa Divine Comédie « qui a relancé la vogue de l'écrit en italien, là où beaucoup utilisaient encore le latin », puis elle essaie de leur donner envie de lire le Decameron « Nous sommes en 1348 en pleine peste noire, et pourtant ces nouvelles peuvent être drôles, des odes à la vie. Selon la lecture que l'on en fait on apprend beaucoup du contexte social et politique de l'époque ».

Les deux langues se mêlent !

Clémence s'exprime en français puis en italien. Et vice versa. Elle explique le vocabulaire, pose des questions à ses élèves.

Et ils participent avec un plaisir visible. Et même avec humour parfois.

- « Quelle est la particularité de Bologne ? »

- « Mangia bene, signora »

Clémence acquiesce en fronçant un sourcil moqueur puis leur parle de l'architecture si particulière de cette ville qui a vu naître, par exemple, Romano Prodi.

Car dans ce cours, l'histoire se mêle parfois à l'actualité. Clémence répond à tout : « J'y prends plus ou moins de temps, bien sûr parce que j'ai un programme à boucler, mais je ne veux pas laisser une question sans réponse, je me dis qu'ils n'auront peut-être plus l'occasion de la poser après »

Tout est prétexte à apprendre en DNL.

Apprendre une langue, bien sûr.

Mais pas seulement.

Alors que le cours s'arrête sur le chiisme de 1378, Anne-Lise demande alors : « Pourquoi les papes sont tous vieux ? »

« Ce n'est pas toujours le cas », rectifie Clémence en italien - et prenant bien soin d'expliquer tous les nouveaux mots.

« Pour Benoit XVI c'était un choix de privilégier l'expérience. Mais Jean-Paul II a régné 26 ans. Il était jeune à son élection ».

11 h 55 : Coup de corne de brume. Fin du cours. Bizarrement, celui-là tout le monde l'entend.

« Attendez, lance Clémence, je veux que vous regardiez cette fresque de Governo, et que pour le prochain cours vous me la décriviez : l'architecture au second plan, la vie au premier plan. Cette fresque est très riche d'enseignements sur la façon de vivre de l'époque ».

Et cette heure de cours très riche en enseignements sur le plaisir qu'ont encore les élèves à apprendre.

Stéphanie Gasiglia
Nice-Matin
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