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Nice-Matin
Actualité Alpes-Maritimes
jeudi 08 mai 2008

Nice - Salariés sans-papiers : ils sont des milliers dans le département

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Alors que le ministre Brice Hortefeux venait tout juste de déclarer qu'il n'y aurait, en France, que quelques centaines de travailleurs bénéficiant d'un contrat de travail mais dépourvus de titre de séjour valable, que les sans-papiers des A.-M. annonçaient, hier à la Bourse du travail, la création d'un collectif d'entraide sous l'égide de la CGT.

Quelques centaines ? Et combien d'espoirs déçus ? Dans ce cas, ils sont estimés à un millier à Nice et à « plusieurs milliers dans les Alpes-Maritimes. »

Le phénomène n'est pas nouveau même s'il est nouvellement porté sur la place publique.

En charge du dossier à la CGT, Estelle Coll replace le sujet dans son contexte, évitant les amalgames : « Notre combat n'est pas humanitaire, il est syndical car ce sont des salariés que l'on attaque. Pour nous, il est important de dénoncer l'hypocrisie qui règne tant au niveau du gouvernement que du patronat. »

Elle insiste : « Les métiers qui permettent une régularisation par le travail - définis dans la circulaire de janvier 2008 - ne concernent pas les sans-papiers des Alpes-Maritimes. » (Lire par ailleurs)

Son collègue, Patrick Sotty, enfonce le clou : « Si on expulsait tous les sans-papiers qui ont des contrats de travail - et ceux qui travaillent au noir - on serait bien embêté dans le département, car ils font tourner les structures qui accueillent les touristes, les congressistes... »

Mais il dénonce aussi un effet induit, tout aussi grave à ses yeux de militant syndical : « Les sans-papiers sont utilisés comme des instruments pour remettre en cause les droits sociaux... C'est un moyen de faire du dumping social, car le travailleur est pieds et poings liés vis-à-vis de son employeur. Ils sont utilisés pour tirer vers le bas le Code du travail. »

L'assistance approuve et met l'accent sur l'ampleur du phénomène.

A Antibes, la première réunion devait accueillir de 20 à 30 personnes... Elles étaient 120 !

Ils ont pris, comme ils disent, « le risque de sortir de l'ombre. » Et de se placer « sous la protection de la société. »

Alors que la préfecture - qui enregistre officiellement une soixantaine de dossiers de régularisation par le travail - signale ne pas avoir encore été contactée, une manifestation est prévue dans les rues de Nice le jeudi 22 mai.

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