Vladim, 6 ans, très intéressé par ce coq, caractéristique de la période mentonnaise de Cocteau. Une période colorée qui contraste, par exemple, avec le noir sur blanc de la chapelle Saint-Pierre de Villefranche-sur-Mer au port de la Santé.Des murs de pierre épais. Face à la mer. C'est le Bastion. Et dans ses entrailles, depuis hier, le coeur mentonnais de Cocteau. Le coeur et le style aussi. Si particulier. Celui que l'artiste protéiforme développa pendant trois ans, de 1956 à 1958, ici et nulle part ailleurs. Un style fait de lignes labyrinthiques et colorées.
C'est ce Cocteau polychrome, inspiré des tatouages guerriers africains, qui se dévoile au Musée du Bastion avec l'exposition : « Il y a 50 ans, Jean Cocteau décorait la salle des mariages ».
Une salle des mariages qui, des décennies après, charme et charme encore les fiancés du monde entier avec Orphée et ses centaures.
Un triangle en 2011
« Alors qu'il était un habitué de la Côte d'Azur, Cocteau venait souvent au Festival de musique de Menton et a eu l'occasion de rencontrer Francis Palmero, l'ancien maire de la ville. Et ce dernier lui a un jour demandé de peindre la salle des mariages de l'Hôtel de ville », expose Célia Bernasconi, conservatrice du futur musée Cocteau.
Il faut dire que le maître avait, au début des années 50, « tatoué » les murs de la villa Santo Sospir à Saint-Jean-Cap-Ferrat et qu'il était en train de peindre la chapelle de Villefranche-sur-Mer.
Alors, il accepta. Avec joie. Et inquiétude aussi. Des angoisses qu'il détaille d'ailleurs avec précision dans son journal Le Passé défini.
Martine Casério, adjointe à la Culture, se réjouit de cette exposition sur la période mentonnaise de l'artiste, et souligne : « Bientôt il y aura à Menton un circuit Cocteau. Un triangle Cocteau avec la Salle des mariages, le Musée du bastion et le musée Cocteau en 2011 ».
En 2011, où Menton deviendra alors la « ville Cocteau ».