L'atmosphère était lourde, chargée d'incompréhension, hier soir au pied de l'immeuble 7 où a été retrouvé le corps de la victime. : Photo Frantz Bouton Un crime d'une grande sauvagerie s'est déroulé, sans doute hier après-midi - l'intéressé aurait été vu dans la cité en début d'après-midi -, dans un appartement des HLM du Point-du-Jour, à Saint-Laurent du Var. Le corps sans vie de Samad Daoui, un ressortissant marocain âgé d'une quarantaine d'années, a été retrouvé dans son logement situé au 5e étage de l'immeuble 7, escalier 20, de la cité bordant le Var.
C'est la mère de la victime, résidant elle aussi au Point-du-Jour, qui a découvert son fils en fin d'après-midi, vers 18 heures, alors qu'elle lui rendait visite. En arrivant quelques minutes plus tard sur les lieux, les policiers de l'antenne laurentine du commissariat de Cagnes-sur-Mer ont trouvé le malheureux, à même le sol, baignant dans son sang.
Les premières constatations laissaient apparaître de vilaines blessures à hauteur du cou et du thorax, mais aussi des phalanges de doigts sectionnées. Aucune effraction n'a été constatée et le vol ne semble pas être le motif du meurtre. Les policiers et un médecin légiste tentaient de déterminer hier soir si une arme à feu a été utilisée ou non.
« Un type qui aimait blaguer »
Sur place, hier soir, c'était la consternation et l'incompréhension totale. « Samad, père d'une gamine d'à peine six ans, vivait seul chez lui, ses soeurs, un frère et sa mère vivant dans d'autres bâtiments », témoigne l'un de ses amis. « C'était un gars d'une grande gentillesse, toujours une blague aux lèvres et il disait bonjour à tout le monde dès qu'il sortait », dit un autre. « Il essayait de s'en sortir, courant d'un intérim à l'autre pour gagner sa vie ».
Depuis quelques jours, Samad Daoui était particulièrement joyeux. Il venait de s'acheter un billet pour se rendre au bled. Il disait que cela faisait plusieurs années qu'il n'était pas rentré et que la perspective de revoir le Maroc à la fin du mois l'exaltait.
Comme on peut l'imaginer, l'atmosphère était lourde, très lourde hier soir au Point-du-Jour. Mais aucune violence particulière ne s'est manifestée, hormis un ou deux jets d'objets lors de l'intervention des pompiers vers 18 heures 30.
Les hommes de l'antenne niçoise de la PJ de Marseille et ceux de l'identité judiciaire ont pu travailler dans la sérénité, passant le logement de M. Daoui au peigne fin. A l'extérieur, au pied de l'immeuble, la famille de la victime laissait éclater sa douleur, effarée par la tragique fin d'un homme qui, visiblement, était unanimement apprécié dans la cité depuis son arrivée il y a environ un an.