Newsletter Actualité

Abonnez-vous gratuitement
Nice-Matin

Actualité Menton

vendredi 16 mai 2008

Menton - Joseph Joffo : « C'est vous qui avez fait de moi un écrivain »

 Joseph Joffo n'a pas manqué de théâtralité face à des élèves touts heureux de découvrir cet étonnant personnage.  :  Photo Olivier Poisson Joseph Joffo n'a pas manqué de théâtralité face à des élèves touts heureux de découvrir cet étonnant personnage. : Photo Olivier Poisson

C'est un facétieux septuagénaire qui attendait hier les élèves du collège Maurois.

Joseph Joffo, visiblement habitué de ce genre d'exercice, accueillait les jeunes gens comme un acteur son public.

Quelque peu médusés, les collégiens découvraient en ce Monsieur Loyal le célèbre auteur d'une vingtaine d'ouvrages. Un homme qui a connu la consécration dès son premier roman, « Le sac de billes ».

C'est d'ailleurs après avoir lu cette touchante autobiographie, qui met en scène deux enfants, Joseph et son frère Maurice, qui ont traversé la France pour fuir la persécution dont les Juifs faisaient l'objet sous l'occupation, que les élèves ont insisté auprès de leur professeur pour qu'elle essaie de le contacter.

De l'humour à la gravité

La possibilité d'une rencontre a séduit l'écrivain, tout heureux de revenir dans une cité où il avait pu se réfugier un temps auprès de ses autres frères. Un temps malheureusement beaucoup trop court.

Dans la classe, c'est un Joseph Joffo devenu soudain plus grave qui racontait son histoire. Qui expliquait qu'il ne savait même pas vraiment, quand on lui a apposé une étoile jaune, ce qu'était qu'être Juif. Qui se souvenait comment sa famille, à l'instar de bon nombre de Français, pensait que le maréchal Pétain mettrait fin à tous les problèmes : « C'est formidable la France, il y a toujours une Jeanne D'Arc qui arrive pour nous sauver... nous étions nous dit à l'époque ». Un Joseph Joffo plein d'amour dans les yeux lorsqu'il évoque un simple curé qui a permis aux deux enfants d'éviter une arrestation dans le train. Ce même curé, qui est à la base du désaccord entre Joseph Joffo et Jacques Doillon, qui a adapté son roman au cinéma en 1975 : « Le réalisateur devait être anticlérical parce qu'il a donné une très mauvaise image de ce prêtre alors qu'il n'a même pas eu besoin qu'on le lui demande pour qu'il nous vienne en aide ».

Et enfin lorsqu'il se souvient, avec quelques trémolos dans la voix, comment un second prêtre et un évêque niçois les ont sauvés de la déportation (lire ci-dessous).

Mais il n'était pourtant pas question hier pour l'auteur de « plomber l'ambiance ». Trop heureux de se retrouver devant un parterre de jeunes pour se laisser longtemps aller à la mélancolie. Des anecdotes plus amusantes les unes que les autres fusaient désormais.

Des élèves passionnés

Les élèves, qui avaient bien préparé sa visite, avaient aussi de nombreuses questions à lui poser : « Pourquoi avez-vous eu besoin d'écrire ce livre ? Comment avez-vous réussi à la faire éditer ? Votre frère vous a-t-il aidé ? »

Et l'auteur de répondre, toujours avec humour, aux nombreuses interrogations des collégiens.

« Mais une chose est sûre, devait conclure Joseph Joffo, c'est vous qui avez fait de moi un écrivain ».

Un écrivain qui était attendu en mairie pour recevoir la médaille d'or de la ville des mains du député-maire, Jean-Claude Guibal (voir encadré) et qui sera encore aujourd'hui avec les élèves.

Mais un écrivain qui ne pouvait quitter son public sans lui offrir « un sac de bises ».

Olivier Poisson
Nice-Matin

Les autres titres

maville.com Tous les flux RSS d'actualités