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Nice-Matin

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vendredi 08 août 2008

Menton : Un mariage tourne au vinaigre à la Basilique

 Les jeunes mariés ont pu convoler en justes noces après s'être réconciliés avec le diacre...  :  Photo DR Les jeunes mariés ont pu convoler en justes noces après s'être réconciliés avec le diacre... : Photo DR

« J'ai eu très peur de me souvenir d'un mariage gâché toute ma vie. Parce que dans l'énervement général, on a bien failli en venir aux mains avec le diacre ».

Ludovic Ferraro n'a toujours pas décoléré depuis cette fin d'après-midi de juillet où Jacques Gonzales a refusé de le marier religieusement à Vanessa Frebourg... avant de finalement officier plus de deux heures plus tard.

« Nous sortions de l'Hôtel de ville où nous avions été mariés civilement par le député-maire, Jean-Claude Guibal. Et c'est seulement une fois arrivés sur le parvis de la Basilique que le diacre nous a annoncé que la cérémonie religieuse n'aurait pas lieu parce qu'il manquait mon extrait de naissance. La secrétaire de la paroisse nous avait bien appelés trois jours auparavant, mais nous pensions que c'était réglé. On n'est pas fous au point de se présenter sans avoir rempli les formalités administratives. », raconte le désormais jeune marié.

Sous la chaleur, la colère monte

Une situation ubuesque qui devait vite dégénérer : 200 invités qui s'impatientent, une mariée en pleurs...et surtout l'énervement qui gagne la famille proche des mariés (du moins civilement).

La situation manque même de s'enkyster et les noms d'oiseaux fusent tant et si bien que le diacre... est obligé de s'enfermer un moment par peur d'être molesté.

Une « triste affaire » que le père Baudoin, curé de la paroisse, juge sévèrement : « J'ai bien évidemment été tout de suite mis au courant. Et pour moi, c'est une affaire de pure négligence de la part de personnes qui ne prennent pas leur engagement religieux au sérieux et qui veulent juste une belle cérémonie. Nous ne sommes pas intraitables, mais il y a une loi à respecter. L'acte de naissance complet est indispensable pour vérifier que les futurs époux n'ont pas déjà été mariés. Et comme ces deux jeunes gens avaient fait leur préparation avec Jacques Gonzales, ils le savaient pertinemment. Ce n'est quand même pas compliqué, lorsque l'on a trois mois pour le faire et que l'on est né à Menton, de se présenter en mairie pour en obtenir un ».

« Ils auraient pu se contenter du livret de famille sur lequel tout est consigné », estime de son côté Ludovic.

« C'est la première fois que je vois cela alors que nous célébrons cinquante mariages par an, tempête encore le père Baudoin. Ils ont eu une tenue scandaleuse en étant violents et agressifs dans une enceinte religieuse. Il a même fallu leur dire qu'il y avait des caméras, et que l'on amènerait les films à la police pour qu'ils se calment. Heureusement, les parents sont venus s'excuser peu après. Lorsque cela s'est arrangé ».

Une fin heureuse

Parce qu'il est encore tôt pour dire si les deux amoureux vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants (il y en a déjà au moins un), un heureux dénouement devait finalement mettre un terme à cet imbroglio religio-administratif.

La mairie a en effet eu la gentillesse de rouvrir ses portes un samedi soir, à la demande de Martine Casério, afin de faire éditer le fameux acte de naissance.

Et le mariage a pu avoir lieu peu après 19 heures : « Il faut reconnaître que le diacre nous a fait une très belle cérémonie. Il a bien fait une petite allusion dans son discours à l'importance des papiers, mais globalement tout le monde a fait abstraction de la mésaventure de la fin d'après-midi », raconte encore Ludovic qui remercie aussi grandement le casino de Menton pour avoir attendu sans problème tous les invités en décalant le vin d'honneur puis le repas.

Si le couple a tout de même écrit au diocèse pour se plaindre, cette mésaventure ne devrait finalement n'être plus qu'anecdotique dans le souvenir des mariés et du diacre. Les jeunes époux veulent surtout prévenir les fiancés d'aujourd'hui de ne surtout pas oublier leurs papiers demain. Au risque de voir le vin de messe... tourner au vinaigre.

Olivier Poisson
Nice-Matin

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