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Nice-Matin

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jeudi 07 août 2008

Alpes Maritimes : Les déboires immobiliers à Cap d'Ail de l'international Philippe Christanval

 La villa de Christanval au coeur de la polémique.  :  Photo Eric Dulière La villa de Christanval au coeur de la polémique. : Photo Eric Dulière

Aujourd'hui, il joue en Angleterre à Fulham, on l'annonce comme probable recrue de Grenoble en L1, mais c'est sur la Côte que l'ex-international Philippe Christanval se retrouve aujourd'hui sur un tout autre terrain. La plainte pour escroquerie qu'il avait déposée en 2005 contre une architecte de Beaulieu a été instruite : l'affaire est renvoyée en correctionnelle. La star du foot certifie avoir été victime d'une extravagante surfacturation de travaux pour la rénovation de sa villa de Cap-d'Ail. A savoir 1,7 M d'euros qui représenterait le triple du montant du devis initial présenté par son architecte Bruno Bolzoni.

L'affaire change de décor. Il y a un an, l'international, révélé en 1999 sous les couleurs de l'A.-S. Monaco, avait tenté de régler son différend sur le plateau de « Sans Aucun Doute », l'émission de Julien Courbet. En vain. Le procès télévisuel ne s'était pas conclu par un accord à l'amiable. Pire, le joueur de Fulham était devenu l'arroseur arrosé sur fond de « diffamation présumée ».

Un an plus tard, cependant, ce n'est plus devant les caméras mais à la barre du tribunal que le dossier va rebondir. L'affaire civile est devenue pénale.

Bruno Bolzoni a été mis en examen pour escroquerie. Sous contrôle judiciaire, il escomptait obtenir un non-lieu, mais l'ordonnance de renvoi en correctionnelle vient d'être confirmée alors que, le biais de son avocat, Me Denis De Rio, il réfute sur toute la ligne les accusations portées contre lui.

Des factures qui voient double ?

L'histoire est assez simple. Cherchant à rénover sa villa de Cap-d'Ail, Philippe Christanval avait engagé en 2003 un architecte. Tout se passe longtemps dans la meilleure des ententes, les travaux avancent normalement, jusqu'à ce que Philippe Christanval, alerté par certaines entreprises sous-traitantes, porte plainte. Explication : les devis de travaux que son architecte maître d'ouvrage lui soumet comme étant les moins disant auraient en fait été « trafiqués ». Ainsi, un devis de plomberie de 130 000 euros présenté par un plombier au cabinet d'architecte aurait été refacturé 221 000 euros au footballeur. Un surcoût de 71 %. Au total, les travaux de rénovation de la villa auraient ainsi fini par atteindre 1,7 million, près du double du prix de la propriété.

Échaudé par le couac de « Sans aucun doute », Philippe Christanval se refuse aujourd'hui à commenter publiquement ses déboires. D'autres particuliers, entre Monaco et Saint-Jean-Cap-Ferrat, notamment deux couples de ressortissants britanniques, sont pourtant sur le point de joindre une plainte à celle de l'international français.

Autant d'éléments qui mettent en fureur l'avocat de l'architecte incriminé. « Tout ceci ne tient pas, tempête Me Del Rio. Nous le démontrerons sans grande difficulté. On nous accuse d'avoir pratiqué des marges injustifiées de 70 % qui n'ont jamais existé. Au mieux, elles n'ont jamais dépassé les 20 %. Mais le plus étonnant, c'est que les procès-verbaux de synthèse démontrent qu'il n'y a eu aucun acte de surfacturation et que, malgré tout, mon client se retrouve renvoyé en correctionnelle. »

Jean-françois Roubaud
Nice-Matin

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